A l’invitation de la Bibliothèque Universitaire et en partenariat avec l’INSPE, je me suis rendu en Martinique au mois de Novembre 2019.

Le programme

Il s’agissait d’une part, le mardi soir de présenter « Dé Moun« , mon concept-album qui évoque le LKP et le mouvement social de 2009, de revenir sur les circonstances de la création de cette oeuvre avec le recul que permet la décennie écoulée.

D’autre part, je devais partager avec les étudiants de l’INSPE et ceux de l’université, mon approche pour prendre conscience de notre rapport au réel, et utiliser la langue pour communiquer notre relation à ce qui nous entoure.

J’en ai profité pour signer Dyablès et Channda à Kazabul, où vous pouvez encore vous les procurer.

TiMalo, le retour

J’ai eu également l’occasion de me balader dans les rues de Fort-de-France, ville que j’ai connue durant mes études au lycée Technique de Pointe-des-Nègres, aujourd’hui connu sous le nom de Lycée Joseph Gaillard.

Il m’a semblé que le créole prenait plus de place dans l’espace public que durant mes années lycées. En effet, j’ai eu le sentiment d’entendre plus de créole dans les rues qu’auparavant. Et voir des messages en créole, autres que ceux des syndicats et des nationalistes sur les murs, m’a agréablement surpris.

Voir ce qui est là

J’en ai fait la remarque à ceux qui sont venus m’écouter mardi dans les locaux de la bibliothèque universitaire. Je peux en effet comprendre que, pour ceux qui y vivent ou y passent jour après jour, il est plus facile de remarquer ce qui manque.

Il en va de même avec le mouvement de 2009, me semble-t-il. Le sentiment de déception que nous avons pu avoir et avons encore à propos du LKP vient beaucoup selon moi que nous l’avons investi d’attentes qui n’étaient pas ceux que ces femmes et ces hommes avaient pris.

Face à ceux qui se désolaient mardi soir de ne pas voir beaucoup d’étudiants ou de « jeunes », je me suis émerveillé de la participation et de l’implication de celles et ceux, de différentes générations qui étaient présents. J’ai eu plaisir a répondre aux questions et de constater la présence dans la salle d’haitiens, d’un sainte-lucien, d’un autrichien, de trois guadeloupéens, et d’une américaine aussi intéressés par l’avenir du créole que les martiniquais présent.e.s.

Un séjour instructif

Les échanges m’ont été très profitables. J’ai pu mieux comprendre le rapport des étudiants avec la langue, leur propre réalité et dans une certaine mesure avec l’université.
Je remercie Patrick Odent-Allet pour son invitation. Merci également à Isabelle Mette qui m’a sensibilisé au rôle de la bibliothèque non seulement pour la connaissance des oeuvres mais aussi l’étude de leur genèse.
Je remercie aussi les professeurs qui m’ont accueilli dans leurs classes tant à l’université qu’à L’INSPE, en particulier Malik Ferdinand chargé d’enseigner le contexte martiniquais avec qui les échanges ont été particulièrement édifiants.