Il arrive parfois que la prise de position d’un artiste, le choix de participer à telle ou telle manifestation, de chanter dans un lieu plutôt qu’un autre, de s’associer à une marque ou à un mouvement fasse polémique.

En cette année 2018, la grève de la faim de Franck Nicolas, ceux qui ont choisis de le soutenir publiquement, les mots qu’ils ont choisis, ont focalisé les commentaires. A suivi de près, des discussions concernant la pertinence de la participation au concert organisé en cloture de la marche du 23 mai.

On pourrait aussi citer la prise de position de Kalash avec Mwaka d’abord, concernant les békés ensuite ; mais aussi le choix de Admiral T d’apparaître dans une publicité pour un marque internationale de burgers.

Comment « juger » les artistes ?

Il semble que le public s’arroge le droit de juger mais sans jamais préciser sur la base de quoi, sans que ne soit explicite ce qui est attendu d’un artiste.

Dans cet article, je compte parler en mon nom. Je pose les critères sur lesquels j’attends, voire je demande à être évalué.

Ma première précision porte sur le fait que je me revendique guadeloupéen, avant d’être artiste. Mon engagement pour mon pays, prime sur mon engagement envers toute forme d’art. Ma pratique artistique est au service de ma culture et de mon peuple, non l’inverse.

Dans ma vision du monde, un artiste se définit par quatre éléments :

  • un artisanat : une activité régulière qui tend à parfaire une pratique de nature artistique ;
  • l’esthétique : une idée, méthode ou approche qui détermine ce que l’on montre ou pas ;
  • l’idiolecte artistique : les éléments formels, propre à l’artiste, qui servent à composer l’oeuvre ;
  • l’idéologie : le système d’idées qui sous-tend les messages que l’artiste véhicule à travers ses propositions.

En tant qu’artiste, mes réflexions, mes expérimentations visitent chacun de ces aspects.

Et vous, quelle est votre vision de ce qu’est un artiste ?

Donnez-moi votre point de vue dans les commentaires.