Madame Josette Borel-Lincertin est maintenant la nouvelle présidente du département Guadeloupe. De fait, le PS, le parti politique dont le siège est rue Solférino à Paris, contrôle les deux assemblées majeures de la Guadeloupe.

“Objectif Guadeloupe”, le parti de droite local semble définitivement mort au profit d’une section locale de l’UMP, le parti situé rue de Vaugirard à Paris, qui n’est cependant pas très vivace.

Le PPDG, Parti Progressiste Démocratique Guadeloupéen dirigé par Albert Elatré, dont ont pourrait attendre un discours d’autonomie, s’est inféodé au parti socialiste français lors des dernières élections. Las, ni le parti ni son chef de file n’ont été cité dans les remerciements de la toute nouvelle présidente.

Conseil Général de Guadeloupe

Conseil Général de Guadeloupe

 

Lorsque Victorin Lurel dit qu'”il y a tellement de contre-pouvoirs en Guadeloupe que la question [de l’hégémonie] ne se pose pas“, j’ai envie de lui demander quels contre-pouvoirs ?
Les avancées sur la question de l’eau, par exemple, sont essentiellement dues aux grèves des employés et aux menaces du fermier : la générale des eaux.
Coup sur coup, aux municipales de mars 2014 et aux départementales de mars 2015, l’opposition s’est montrée incapable de capitaliser sur l’incurie des élus dirigeants du SIAEAG. De fait, les sortants ont été réélus.

Pourtant, la gestion de l’eau en Guadeloupe, est la plus catastrophique de France, d’après Jean-Luc Touly, un expert dépêché par… le LKP. Sur le sujet, il semblerait que nos journalistes et nos intellectuels n’aient pas grand chose à dire.
Tout cela me donne le sentiment que c’est la décentralisation qui est en échec. Oui, j’ai l’impression que la situation politique de la Guadeloupe est celle d’avant la départementalisation. Je n’oublie certes pas les avancées qu’il y a eu depuis la loi de 1946 comme l’uniformisation du SMIC, l’acquisition de terres par le conseil général ou la grande percée de notre reconnaissance culturelle. Mais c’est comme si tout cela servait à justifier le recul d’une pensée politique endogène. A croire qu’un peu de liberté culturelle, un peu plus de créole et de gwo-ka, nous rendait moins capable de penser…

photo © Thomas C. Spear, 11 juillet 2002

photo © Thomas C. Spear, 11 juillet 2002

Pourtant, je suis plus exalté que jamais, plus enthousiaste à défendre ce petit bout d’histoire dont nous sommes collectivement dépositaires. Je vois, autour de moi, plein de gens, discrets mais présents, qui manifestent simplement de leur pensée, de leur conscience simplement du fait qu’ils sont. Ils sont parce qu’avant eux d’autres ont été, et se sont battus pour qu’ils soient.

Et parmi eux, parmi ceux qui se sont battus pour que nous soyons, parmi ceux qui ont défendu, d’abord en l’exprimant, l’idée qu’il nous fallait penser, il y a Dany Bébel-Gisler. Ce 7 Avril 2015, c’est le quatre-vingtième anniversaire de sa naissance.


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