2017, cent ans de Guy Tirolien

2017 a été l’occasion de célébrer le centenaire de la naissance de Guy Tirolien. Nombreux sont ceux parmi nous qui connaissent ce poète marie-galantais surtout pour “Prière d’un petit enfant nègre“.

Lors du Séna en son honneur, j’ai aussi découvert qu’il était à la fois un administrateur colonial en Afrique tout en étant engagé pour sa libération. Contradictoire seulement en apparence, cette position est, pour moi, une voie subtile pour explorer la question de l’identité.
En lisant les interviews qu’il a donné, je ressens avec d’autant plus de force que l’identité n’est pas la réponse à la question “qui suis-je” mais plutôt la réponse à “comment devenir ce que j’aspire à être ?“.

Dans sa profession de foi pour les législatives de 1978, Guy Tirolien a répondu à cette question. Il voulait participer à “rendre la société guadeloupéenne plus proche des Guadeloupéens.” Les constats qu’il fait à l’époque sont tellement d’actualité que j’oscille entre l’admiration face à sa clairvoyance, et la consternation face au statu quo.

2017, au revoir, musée Dapper

2017 aura été aussi le moment de dire au revoir au musée Dapper.

Le Séna “Guy Tirolien” aura été le dernier que nous aurons tenu en ce lieu. C’est aussi dans cet endroit merveilleux que la première lecture de Dyablès a eu lieu.
Rendre hommage à ce poète marie-galantais amoureux de l’Afrique dans ce musée avait la force du symbole. Y faire résonner les mots de mon premier roman en compagnie de Jalil, Karine, Firmine, Martine, Gladys, dire la littérature avec Christian, Gerty, Roselaine, Marina et René, ont été une façon de rapprocher la littérature caribéenne des Caribéens, de tisser des liens entre les mondes noirs des deux cotés de l’Atlantique, et au-delà, de partager cette humanité avec des personnes de tous horizons. Le Musée Dapper a été le lieu où le Séna a trouvé son identité. Merci à Christiane Falgayrettes-Leveau de nous avoir donner le temps et l’espace pour le faire.

2017 était une année riche en émotions pour des raisons plus personnelles.

En 2017, Simone Lagrand écrit ses impressions sur Dyablès. An ka pwofité pou mwen di-y lapousuit a Dyablès ka vin. Pasyans é Longèwdètan.

En 2017, je suis touché par les retours hilares sur cette petite vidéo tournée avec Gael Octavia.

En 2017, je vais au Festival Kanoas et je vois Léna Blou danser pour la première fois. J’y vois aussi “Bòdlanmou pa lwen”, la pièce en créole de Franck Salin, pour la première fois. Enfin.

En 2017, je commémore les 50 ans des événements de 67, place de la République.

En 2017, j’écris pour Philippe Makaïa.

2017 a été riche.

2018 a déjà commencé.


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